De la photo au vernis : comment je crée mes collages

Tout commence toujours par une photo.

Pas forcément une photo que j'ai prise moi-même, d'ailleurs. Parfois, oui : une image rapportée d'un voyage. Mais pas toujours ; pour mes créatures sous-marines, par exemple, je vais chercher dans des banques d'images libres de droits car il est difficile de descendre les photographier moi-même.

Et il m'est aussi arrivé de partir du regard d'un autre, comme lors de ma collaboration avec le photographe Kevan Cadinouche, dont les images en noir et blanc de l'île Maurice portaient une émotion que je voulais utiliser et prolonger.

Ce qui compte, ce n'est pas qui tient l'appareil ; c'est que l'image remue quelque chose en moi, une émotion, un souvenir, et qu’elle ouvre les portes de mon imagination.

Le gardien en couleurs
Collage mixed media - 50 × 70 cm

À partir de cette première photo, je pars souvent en quête de correspondances ; d'autres images qui lui répondent, et avec lesquelles je construis un univers.

Pour mon collage « Au cœur », je suis partie d'une photo prise au Cambodge, à laquelle j'ai ajouté des formes de cœurs venues d'une fresque murale photographiée à New York. Deux endroits, deux moments, qui entrent en résonance.

Au coeur
Collage mixed media - 50 × 70 cm

Après ça, je ne planifie pas grand-chose. C'est instinctif. La photo appelle des couleurs, des matières, et je suis le mouvement plus que je ne le dirige.

J'ajoute des papiers, de la peinture, je découpe, je superpose, je recompose. La pièce se construit par couches, presque toute seule, et je la laisse m'emmener là où elle veut aller entre le réel et l'imaginaire, sans jamais vraiment choisir mon camp.

matériel pour collage et peinture

On me demande parfois pourquoi le collage, plutôt que la peinture.

Honnêtement, j'ai du mal à répondre. Sans doute parce qu'il me permet de réunir les choses que j'aime, la photographie le papier et la peinture, dans un même geste. Et parce que les possibilités sont infinies : on peut toujours rajouter une strate, déplacer un fragment, recouvrir, dévoiler. Et puis, plus simplement, j'adore le papier : le toucher, le découper, l'assembler.

En ce qui concerne la technique, je ne sais pas travailler à distance de la matière. Je n'ai jamais réussi à coller totalement avec un pinceau, ou même avec des gants, je travaille avec les doigts, et je finis systématiquement avec de la colle partout sur les mains. Ça, je déteste ! C'est vraiment la partie du processus que je ne n’aime pas mais elle est incontournable.

doigts sur un collage

En revanche, il y a un moment que j'attends à chaque fois : celui où le collage est terminé et où je vaporise la dernière couche de vernis protecteur anti-UV.

C'est là, précisément là, que je sais qu'il n'y a plus rien à ajouter ni à enlever. Une sorte de certitude tranquille. L'œuvre est finie, et je le sens dans ce geste-là plus que dans n'importe quel autre.

Au fond, mes collages parlent toujours un peu de la même chose : la mémoire, les traces, les couches de réalité qu'on accumule sans s'en rendre compte. Dans un quotidien qui va vite et qui déborde d'images, j'aime l'idée qu'ils demandent qu'on s'arrête pour regarder.

Mes collages sont réunis par séries ; vous pouvez les découvrir ici.

Pour le prix d'une œuvre ou pour toutes questions , n'hésitez pas à m’écrire !

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